Loin de se faire dogmatique, l’écriture de Kateb Yacine est celle d’un poète. Le ton est drôle, féroce et libre, tout en ruptures. Le spectateur est sans cesse surpris. On passe du comique au tragique dans la seconde et il y a dans chaque situation un élément dérisoire.
Nous avons souhaité dans cette adaptation donner à voir Kateb Yacine dans l’image de Mohamed.
Pour cela nous avons introduit des poèmes tirés de « L’œuvre en fragments » (Seuil). Il est évident qu’il avait mis beaucoup de lui dans ce personnage. Amazigh Kateb a adapté plusieurs de ces poèmes en chansons, apportant à la pièce un souffle moderne.
Nous avons aussi remodelé la pièce afin de pouvoir la jouer à quatre acteurs. Elle recèle à l’origine une foule de personnages, un chœur, un coryphée.
Certains personnages pour plus de lisibilité ont été contractés en un seul. Chaque acteur joue plusieurs rôles sauf Mohamed qui tient sa partition du début à la fin. Par contre il endosse souvent des passages du chœur, étant dans un rapport complice et intime avec le public.
L’adaptation s’est faite collectivement, après une première version réalisée par Reda et Amazigh Kateb. Nous avons cherché à contracter la version originale de la pièce en préservant son rythme propre et son harmonie.
La mise en scène est volontairement minimaliste. La situation est une troupe de comédiens et musiciens arrivant dans un lieu sombre, inhospitalier pour y raconter une histoire. Il n’y a pas de quatrième mur, le contact avec le public est permanent et le jeu stylisé et distancié.
Au début du spectacle, les acteurs dessinent avec du sable un cercle qui sera l’aire de jeu. Un cercle de liberté ou la langue peut se délier, où tout peut s’exprimer. Les changements de costumes se font à vue, les ficelles du théâtre sont apparentes.
La musique accompagne, ponctue, joue avec l’action scénique. .Elle dit aussi ce qui ne peut tenir dans les gestes ni dans les mots.
Amazigh Kateb a fait dans cette création un travail de mémoire et de modernité. Il a repris des passages musicaux de la création de la pièce et les a adaptées. Il a aussi composé des chansons originales à partir de poèmes de son père.
Mise en scène : Reda Kateb et Hamid Javdan / Concéption musicale : Amazigh Kateb / Avec Hamid Javdan, Amal Kateb, Reda Kateb, Lyazid Kimoun / Musiciens : Moh, Amar Chaoui, Amazigh Kateb, DJ Boula One / Son : Sam / Concéption des Lumières : Annie Leuridan / Décors et costumes : Krystel
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